Cet article est le troisième d'une série de 10 consacrée aux spécialités de la police scientifique. Découvrez chaque discipline en détail pour mieux comprendre ce métier — et mieux préparer le concours.
Chaque coup de feu raconte une histoire. L'arme utilisée, la distance de tir, la trajectoire des projectiles… Autant d'informations que les experts en balistique judiciaire extraient d'une scène d'infraction pour reconstituer les faits avec une précision scientifique. Avec une bibliothèque de plus de 20.000 armes et 1.000 000 munitions de référence dans la Collection Nationale des Armes et Munitions (CNAM), commune à la Police et Gendarmerie, cette discipline dispose de moyens considérables.
Qu'est-ce que la balistique judiciaire ? Les 3 sous-domaines à connaître
La balistique judiciaire (ou balistique forensique) étudie les armes à feu et leurs effets dans un contexte judiciaire. Elle se décompose en trois sous-domaines, un découpage que tout candidat au concours de police scientifique doit maîtriser :
- Balistique intérieure : ce qui se passe à l'intérieur de l'arme, du percuteur frappant l'amorce jusqu'à la sortie du projectile. Pression des gaz, vitesse initiale, usure du canon.
- Balistique extérieure : la trajectoire du projectile entre la bouche du canon et l'impact. Gravité, résistance de l'air, dérive gyroscopique, des notions de physique fondamentales.
- Balistique terminale (lésionnelle) : les effets du projectile à l'impact, dégâts matériels, blessures corporelles, fragmentation. Cette partie est travaillée avec le médecin légiste lors des autopsies.
Comment identifier une arme à feu grâce à ses traces ?
Chaque arme à feu possède une signature balistique unique, comparable à une empreinte digitale. Lors du tir, le canon imprime sur la balle ses rayures et défauts microscopiques ; la culasse, l'extracteur, l'éjecteur et d'autres éléments de l'arme, laissent ses marques sur la douille. Ces microstries sont propres à chaque arme et ne changent pas dans le temps.
Le macroscope de comparaison permet de confronter côte à côte les traces d'une scène de crime avec celles obtenues lors de tirs d'essai. L'expert évalue la probabilité que les éléments proviennent de la même arme, un raisonnement probabiliste rigoureux, bien loin des certitudes affichées dans les séries télévisées.
À quoi sert le FNIB ? Relier les affaires entre elles
Le Fichier National d'Identification Balistique (FNIB), commun à la Police et à la Gendarmerie nationales, s'appuie sur la technologie EVOFINDER pour stocker les signatures balistiques des armes et munitions traitées. Lorsqu'une arme est saisie, des tirs d'essai sont réalisés et leurs caractéristiques intégrées au fichier.
Une recherche automatique détermine alors si cette arme a déjà été utilisée dans une affaire antérieure, créant des liens entre des faits a priori distincts. Ce système est déterminant dans la lutte contre les trafics d'armes et permet de reconstituer l'itinéraire criminel d'une arme passée entre différentes mains.
Comment reconstituer une scène de tir ? Trajectoires et distances
Sur une scène d'infraction, les balisticiens analysent chaque impact (murs, véhicules, corps) pour déterminer la direction et la distance des tirs. Leurs outils :
- Ficelles de trajectoire et tiges métalliques pour matérialiser les angles
- Lasers et scanners 3D pour la modélisation numérique
- Analyse des résidus de poudre et d'amorce (plomb, baryum, antimoine) autour des impacts
La distance de tir se déduit de la répartition des résidus : un tir à bout touchant laisse des traces caractéristiques très différentes d'un tir à plusieurs mètres. Lors des autopsies, les balisticiens caractérisent les orifices d'entrée et de sortie et reconstituent la trajectoire du projectile dans l'organisme aux côtés du médecin légiste.
Balistique et concours TPTS : les points clés à réviser
La balistique judiciaire est l'une des spécialités les plus techniques évaluées au concours de Technicien de Police Technique et Scientifique. Voici les fondamentaux à maîtriser :
- Les 3 balistiques : intérieure, extérieure, terminale
- Fonctionnement des principaux types d'armes à feu (semi-auto, revolvers, fusils)
- Identification par microstries : douilles et projectiles
- Le FNIB
- Reconstitution de scènes de tir : ficelles, lasers, résidus
Ces connaissances sont régulièrement évaluées aux épreuves écrites et orales. C'est précisément ce niveau de détail, des fondamentaux aux cas pratiques, que couvre notre préparation Forenseek, conçue par un ingénieur de police scientifique.


