Six mois, c'est la durée idéale pour préparer le concours de Technicien de Police Technique et Scientifique sans s'épuiser ni laisser de zones d'ombre. Plus court, vous prenez le risque de bâcler des pans entiers du programme. Plus long, vous diluez votre énergie et vous arrivez à l'écrit avec la motivation à plat. Encore faut-il structurer ces 6 mois correctement, parce que la majorité des candidats qui échouent ne manquent pas de temps : ils manquent de méthode.
Cet article vous donne le planning mois par mois utilisé par les candidats que nous accompagnons avec la préparation ForenSeek, calibré sur l'épreuve écrite de fin mai. Vous y trouverez la répartition des matières, le volume horaire hebdomadaire à viser, les jalons à ne pas rater, et les erreurs qui plombent les six dernières semaines.
Pourquoi 6 mois et pas 3 ou 12 ?
Le concours TPTS combine quatre univers très différents : un programme scientifique dense (mathématiques, biologie, chimie), une épreuve de français exigeante en méthodologie, des tests psychotechniques qui demandent de l'entraînement spécifique, et un oral où la culture police scientifique se construit par sédimentation. Trois mois ne suffisent pas à faire le tour, sauf profil exceptionnel déjà à niveau. Au-delà de huit-neuf mois, la majorité des candidats craquent psychologiquement avant l'épreuve.
Six mois représentent le bon équilibre entre profondeur d'apprentissage et tenue de la motivation. C'est aussi la fenêtre qui permet de combler des lacunes scientifiques significatives sans transformer la préparation en marathon impossible à concilier avec une activité professionnelle ou des études.
À titre de repère, les candidats qui réussissent le concours TPTS y consacrent en moyenne entre 200 et 400 heures de travail effectif sur la période. Sur six mois, cela représente 15 à 18 heures par semaine, un peu plus si votre niveau de départ en sciences est faible, moins si vous sortez d'une filière scientifique.
Avant de commencer : le diagnostic indispensable
Avant même d'ouvrir un manuel, faites trois choses dans cet ordre.
Évaluez votre niveau réel par matière. Faites une auto-évaluation sérieuse afin de savoir si vous êtes prêt ou non. Vous pouvez faire le test sur notre site directement. Vous obtiendrez une photographie honnête de votre point de départ. Cette note ne sert pas à vous décourager : elle sert à dimensionner votre planning.
Récupérez les bons supports. Le manuel de référence pour le concours TPTS est l'ouvrage co-édité par Sébastien Aguilar et les Éditions Dunod, qui couvre l'intégralité du programme. À côté, vous aurez besoin d'un cahier d'exercices par matière scientifique, et idéalement d'une banque de QCM corrigés. Attention également de ne pas perdre de temps à réviser des chapitres qui ne seront pas à l'examen. La préparation au concours de Technicien de PTS développée par Forenseek propose plus de 3000 exercices, devoirs, QCM, examens blancs sur des chapitres du concours.
Définissez vos créneaux fixes. La régularité bat l'intensité. Mieux vaut deux heures par jour cinq jours par semaine que dix heures concentrées le dimanche. Bloquez vos créneaux dans votre agenda comme s'il s'agissait de rendez-vous médicaux : non négociables.
Le planning mois par mois
Le calendrier ci-dessous prend pour cible l'écrit du concours TPTS de fin mai, qui est la date d'épreuve historique. Ajustez les bornes si vous démarrez plus tard ou plus tôt mais la logique reste la même.
Mois 1 — Novembre - Décembre : fondations et remise à niveau
Volume cible : 8 à 10 heures par semaine.
L'objectif de ce premier mois n'est pas de tout couvrir mais d'éteindre les incendies. Si vous découvrez que vous ne savez plus résoudre une équation du second degré ou que vous confondez mitose et méiose, c'est maintenant qu'il faut combler. Ne touchez pas encore aux annales, ca ne sert à rien. Ne faites pas encore de composition complète. Construisez le socle.
Répartition indicative :
- Sciences (maths, bio, chimie) : 5 à 6 heures
- Français — révision des bases grammaticales et lecture active : 2 heures
- Découverte de la culture police scientifique (un article de fond par semaine, vidéos institutionnelles) : 1 heure
- Suivez les webinaires (2h / mois) d'experts en criminalistique que propose gratuitement la préparation Forenseek en partenariat avec la Compagnie des Experts de Justice en Criminalistique (CEJC).
C'est aussi le moment de lire le programme officiel dans son intégralité. Beaucoup de candidats survolent ce document : c'est une erreur. Tout ce qui peut tomber y est listé.
Mois 2 — Janvier : acquisition des fondamentaux
Volume cible : 12 à 15 heures par semaine.
Vous montez d'un cran. Les cours s'enchaînent matière par matière, avec un objectif clair : terminer une première lecture complète du programme avant la fin du mois. Vous n'avez pas besoin de tout maîtriser à la perfection. Vous avez besoin que rien ne soit totalement étranger.
Répartition indicative :
- Mathématiques : 4 heures
- Biologie/SVT : 3 heures
- Chimie : 3 heures
- Français (méthodologie de l'étude de texte) : 3 heures
- Culture police scientifique : 1 à 2 heures
Démarrez en parallèle un carnet de vocabulaire pour la composition française et un formulaire pour les sciences, que vous enrichirez chaque semaine. Ces deux outils deviendront vos alliés du dernier mois.
Mois 3 — Février : approfondissement et premiers exercices
Volume cible : 15 à 18 heures par semaine.
Le rythme est installé. C'est le mois où les choses sérieuses commencent : vous quittez la phase « cours » pour entrer dans la phase « entraînement ». Chaque chapitre étudié doit désormais être suivi d'exercices d'application.
Répartition indicative :
- Sciences (cours + exercices) : 9 à 10 heures
- Français (méthodologie composition + entraînement écrit) : 4 heures
- Tests psychotechniques (démarrage progressif, 30 minutes par jour) : 2 heures
- Culture PTS : 1 à 2 heures
Faites votre premier sujet d'annale en conditions partielles vers la mi-février. Pas pour vous noter durement, mais pour identifier les types de questions qui vous déstabilisent. Notez chaque erreur dans un cahier dédié.
Mois 4 — Mars : entraînement structuré et inscription
Volume cible : 18 à 22 heures par semaine.
Mars est un mois charnière. C'est la période où s'ouvrent les inscriptions au concours (généralement entre mi-mars et mi-avril selon les arrêtés de l'année). Inscrivez-vous dès l'ouverture, ne reportez pas car cela fait partie de votre engagement mental.
Sur le plan des révisions, c'est le mois où vous basculez en mode entraînement : un sujet d'annale complet par semaine, alternance maths-sciences-français, correction approfondie. La correction prend autant de temps que l'épreuve elle-même : prévoyez ce temps dans votre planning.
Répartition indicative :
- Sciences (60 % entraînement / 40 % cours) : 10 à 12 heures
- Français (entraînement + composition complète chaque semaine) : 5 heures
- Tests psychotechniques (rythme de croisière) : 2 heures
- Culture PTS et préparation oral en arrière-plan : 1 à 2 heures
C'est aussi le bon moment pour démarrer un groupe de travail, même informel, avec deux ou trois autres candidats. L'émulation collective fait gagner des points qu'aucun manuel ne donne. Vous pouvez rejoindre le groupe Facebook "INTEGRER LA POLICE SCIENTIFIQUE".
Mois 5 — Avril : conditions réelles et examens blancs
Volume cible : 20 à 25 heures par semaine.
Le mois le plus intense. L'objectif est simple : simuler le jour J le plus souvent possible. Deux sujets d'annale complets par semaine, dont un en conditions strictement chronométrées (durée réelle, pas de pause, pas de téléphone, pas de manuel ouvert). C'est inconfortable, c'est essentiel.
Répartition indicative :
- Annales et sujets blancs en conditions : 12 à 14 heures
- Reprise ciblée des points faibles identifiés : 5 à 6 heures
- Tests psychotechniques (à un rythme régulier) : 2 heures
- Préparation oral en parallèle (CV, présentation 5 minutes) : 1 à 2 heures
C'est dans ce mois que vous identifierez vos deux ou trois talons d'Achille persistants. Pas dix : deux ou trois. Concentrez tout le mois suivant à les colmater plutôt qu'à essayer de tout retravailler.
Mois 6 — Mai : affinage et sprint final
Volume cible : 15 à 18 heures par semaine, en décroissance la dernière semaine.
Mai est paradoxal : c'est le mois où il faut réviser moins, mais mieux. Vous n'apprendrez plus rien de fondamental dans ces quatre semaines. Votre travail consiste à consolider, à automatiser les réflexes, et à arriver frais le jour de l'épreuve.
- Première quinzaine : finition des points faibles identifiés en avril, deux derniers sujets d'annale complets, relecture des fiches de synthèse.
- Troisième semaine : révisions ciblées sur fiches uniquement, pas de nouveau cours. Un sujet blanc en milieu de semaine pour rester en jambes.
- Dernière semaine : décroissance progressive. Lecture des fiches, exercices courts, plus aucun sujet complet. Les deux derniers jours, arrêt total des révisions techniques. Marche, sommeil, hydratation, lecture détente.
L'écrit du concours TPTS a lieu en général le dernier mardi de mai. Vous arrivez reposé, pas saturé.
La répartition hebdomadaire type
Sur une semaine de 18 heures de travail effectif, voici la trame qui fonctionne pour la majorité des candidats actifs (étudiants ou en activité) :
Jour | Créneau | Durée | Contenu |
|---|---|---|---|
Lundi | 19h-21h | 2h | Sciences (matière 1) |
Mardi | 19h-21h | 2h | Français |
Mercredi | 19h-20h30 | 1h30 | Tests psychotechniques + révisions courtes |
Jeudi | 19h-21h | 2h | Sciences (matière 2) |
Vendredi | repos | — | — |
Samedi | 9h-13h / 14h-16h | 6h | Sujet d'annale + correction |
Dimanche | 10h-13h / 15h-17h | 5h | Reprise erreurs + sciences (matière 3) |
Un jour de repos complet par semaine est non négociable. Les candidats qui révisent 7 jours sur 7 sont aussi ceux qui craquent à six semaines de l'épreuve. Le cerveau consolide pendant les pauses, pas pendant les heures supplémentaires.
Les 6 erreurs qui plombent une préparation de 6 mois
- Tout miser sur les sciences en oubliant le français. Le français a un coefficient 2 au concours externe, moindre que les sciences, certes, mais il est éliminatoire en dessous de 5/20. Une composition ratée vous sort du concours, peu importe votre 18 en chimie.
- Repousser les annales à la fin. Les annales ne sont pas un examen final : ce sont des outils d'apprentissage. Faites-en dès le 3e mois, même si vous obtenez 6/20. Vous apprendrez plus en corrigeant un mauvais devoir qu'en lisant trois chapitres de plus.
- Négliger les tests psychotechniques. Les tests ne sont pas notés, mais leurs résultats sont transmis au jury de l'oral comme aide à la décision. Un profil psychotechnique défavorable peut peser au moment des choix serrés. Travaillez-les régulièrement à partir du 3e mois.
- Réviser sans planning écrit. « Je réviserai ce qui me motive aujourd'hui » est la garantie de ne jamais toucher la matière qu'on évite. Le planning hebdomadaire écrit, même imparfait, multiplie l'efficacité par deux.
- Saturer la dernière semaine. Réviser 12 heures par jour les sept derniers jours abaisse vos performances le jour de l'épreuve. La fatigue cognitive accumulée se paie en erreurs d'inattention sur le QCM scientifique.
- Réviser seul sans jamais se confronter à l'extérieur. Sans correction extérieure (prépa Forenseek, professeur, candidat plus avancé), il est presque impossible d'identifier ses propres angles morts méthodologiques. Un binôme de travail, même non expert, vaut mieux que la solitude.
Comment tenir la motivation sur 6 mois
Six mois, c'est long. Voici ce qui fait la différence entre les candidats qui tiennent et ceux qui décrochent à mi-parcours.
- Visualisez l'objectif concret. Pas « je veux réussir le concours » mais « je veux travailler à l'identité judiciaire à la DPS de Lyon ». Plus l'objectif est concret, plus le cerveau accepte les efforts quotidiens.
- Marquez les jalons. Un petit budget « récompense » à chaque fin de mois validé (un restaurant, un livre, un week-end). Le cerveau humain fonctionne au renforcement positif, pas à la pure discipline.
- Acceptez les semaines moyennes. Vous aurez des semaines à 8 heures là où il en faudrait 18. Ce n'est pas grave si elles restent l'exception. Ce qui tue une préparation, ce n'est pas une mauvaise semaine : c'est de tout abandonner après une mauvaise semaine.
Entourez-vous. Prévenez vos proches que vous êtes en préparation. Un environnement qui comprend votre démarche réduit massivement la culpabilité de dire « non » à une sortie un samedi soir.
Et après l'écrit ? Anticiper la phase d'admission
L'écrit n'est qu'une moitié du concours. Si vous êtes admissible (résultats généralement publiés en juillet), l'oral d'entretien se tient à partir de mi-septembre. Vous disposez donc d'environ trois mois entre l'écrit et l'oral, qu'il ne faut surtout pas considérer comme du temps libre.
Réservez quelques heures par semaine dès le mois de mars à l'arrière-plan de votre préparation pour : peaufiner votre CV détaillé (transmis au jury), construire votre présentation de 5 minutes, lire en profondeur sur l'organisation de la police nationale et les missions de la PTS. Le candidat qui découvre ces sujets en juillet a déjà perdu plusieurs points.


