Les questions auxquelles vous ne vous attendez pas
Le jury de l'oral PTS ne se contente pas de questions classiques sur votre parcours ou vos motivations. Il cherche à tester votre réactivité, votre honnêteté et votre maturité professionnelle. Les questions déstabilisantes sont volontaires : elles révèlent votre capacité à réagir sous pression — une qualité indispensable sur le terrain.
Voici les pièges les plus fréquents, ce que le jury teste réellement, et comment les désamorcer.
Les questions déstabilisantes sur votre profil
« Vous avez un Bac+5. Pourquoi passer un concours de catégorie B ? »
Ce que le jury teste : votre motivation réelle. Il veut s'assurer que vous ne considérez pas le poste comme un « plan B » en attendant mieux, ou que vous n'allez pas démissionner au bout de 2 ans.
Comment répondre : expliquez que c'est un choix délibéré. Le grade de technicien vous place directement sur le terrain, là où se fait le vrai travail d'investigation. Mentionnez que le terrain vous attire plus que l'encadrement administratif. Soulignez que la PTS offre des possibilités d'évolution interne (concours interne d'ingénieur) sans nécessiter un Bac+5 préalable.
L'erreur fatale : répondre « Je n'ai pas trouvé de travail dans mon domaine ». Le jury élimine immédiatement ce type de profil.
« Qu'est-ce qui vous plaît le MOINS dans ce métier ? »
Ce que le jury teste : votre capacité à être honnête et réaliste. Un candidat qui dit « tout me plaît » n'est pas crédible.
Comment répondre : citez une vraie contrainte (horaires décalés, astreintes de nuit, éloignement géographique de la première affectation, confrontation à des scènes difficiles) et expliquez pourquoi vous l'acceptez en connaissance de cause. Montrez que vous avez fait des recherches sur la réalité du métier.
Exemple : « Ce qui me semble le plus difficile, ce sont les astreintes de nuit et le fait que les premières affectations ne sont pas toujours dans la région souhaitée. Mais j'ai parlé avec des techniciens en poste, et je sais que c'est le prix d'entrée pour un métier qui a vraiment du sens. »
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Les questions sur des situations de terrain
« Vous intervenez sur une scène avec le corps d'un enfant. Que faites-vous ? »
Ce que le jury teste : votre capacité à gérer l'émotion tout en restant professionnel. C'est probablement la question la plus redoutée.
Comment répondre :
- Reconnaissez l'impact émotionnel : ne jouez jamais l'insensible. Dire « ça ne me ferait rien » est éliminatoire — le jury sait que c'est faux et que c'est un signe d'immaturité
- Montrez que votre mission prime : sécuriser la scène, préserver les indices, appliquer le protocole de prélèvement. La rigueur professionnelle est votre ancre dans ces moments
- Mentionnez les dispositifs de soutien : la police nationale dispose de psychologues et d'un service de soutien opérationnel. Les demander après une intervention difficile est un signe de force, pas de faiblesse
« Vous relevez une empreinte sur une scène de crime. Elle correspond à un collègue policier. Que faites-vous ? »
Ce que le jury teste : votre intégrité et votre compréhension de la déontologie.
Comment répondre : vous signalez la correspondance dans votre rapport, sans interprétation personnelle. Votre rôle est technique, pas judiciaire. Le collègue est peut-être intervenu sur la scène de façon légitime. C'est l'enquêteur qui décidera de la suite. Dissimuler ou ignorer un résultat serait une faute professionnelle grave.
« Vous découvrez que votre supérieur a falsifié un rapport d'analyse. Que faites-vous ? »
Ce que le jury teste : votre connaissance de la chaîne hiérarchique et votre sens de l'éthique.
Comment répondre : vous signalez d'abord à votre supérieur direct (s'il n'est pas concerné), puis vous remontez à la hiérarchie. En dernier recours, le signalement à l'IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) est possible. L'intégrité des résultats scientifiques est non négociable, car ils influencent directement les décisions de justice.
Les questions de culture générale PTS
« Que signifie FAED ? Et FNAEG ? »
Le jury vérifie que vous connaissez les outils fondamentaux du métier :
- FAED : Fichier Automatisé des Empreintes Digitales (plus de 6,7 millions d'individus enregistrés)
- FNAEG : Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (plus de 4,8 millions de profils ADN)
- Autres sigles à connaître : IRCGN (Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale), INPS (Institut National de Police Scientifique), SNPS (Service National de Police Scientifique)
« Quelle est la différence entre la police technique et la police scientifique ? »
Police technique : travail sur le terrain (relevé de traces, photographie judiciaire, mise sous scellés). Police scientifique : travail en laboratoire (analyse ADN, toxicologie, balistique). En pratique, les deux sont complémentaires et souvent réalisées par les mêmes personnels.
La règle d'or
Ne mentez jamais. Le jury est composé de professionnels expérimentés qui détectent immédiatement les réponses artificielles. Une réponse honnête, même imparfaite, sera toujours mieux perçue qu'un discours trop lisse et visiblement préparé.
Si vous ne savez pas répondre à une question, dites-le franchement : « Je ne connais pas précisément la réponse, mais je m'engagerais à me renseigner. » Le jury respecte l'humilité intellectuelle — c'est une qualité recherchée chez les techniciens PTS, dont le travail repose sur la rigueur et l'honnêteté scientifique.

