Cet article est le dixième et dernier d'une série de 10 consacrée aux spécialités de la police scientifique. Découvrez chaque discipline en détail pour mieux comprendre ce métier — et mieux préparer le concours.
Photographier une scène de crime, relever des empreintes, signalisation d'une personne mise en cause, prélever des traces biologiques… L'identité judiciaire est la discipline la plus visible de la police scientifique, celle qui se trouve en première ligne sur chaque scène d'infraction. Elle est souvent l'entrée de toute chaîne criminalistique, et le premier poste des techniciens PTS en début de carrière.
Qu'est-ce que l'identité judiciaire ? Définition et missions
L'identité judiciaire (IJ) désigne l'ensemble des activités de la police scientifique ayant pour objectif l'identification des personnes et la constatation technique des infractions. Deux grandes missions complémentaires :
- Interventions sur scènes d'infraction : fixation de la scène (photo, vidéo), recherche et prélèvement de traces (biologiques, traces de semelle, d'outils, de pneumatiques, d'oreille, de résidus de tirs, microtraces, etc.), ou encore révélation de traces latentes (empreintes, sang, sperme).
- Signalisation des mis en cause : prise d'empreintes digitales et palmaires, photographies anthropométriques, prélèvements ADN. Alimentation des fichiers FAED et FNAEG.
Comment sont organisés les services d'identité judiciaire en France ?
Les services d'IJ de la Police nationale suivent un maillage territorial hiérarchisé, une organisation fréquemment demandée aux épreuves du concours TPTS :
- DLPS (Divisions locales de Police Scientifique) : Elles traitent toutes les affaires relevant de la délinquance de masse et certaines enquêtes décès simples afin de constituer un album photographique ou effectuer des recherches de traces et indices.
- DPS (Division de Police Scientifique) : Elles traitent les affaires de petite et moyenne délinquances et les affaires criminelles de leur ressort. Les policiers scientifiques de ces structures se déplacent généralement sur des enquêtes décès, des vols à main armée, des séquestrations, des trafics de stupéfiants, des viols ou des homicides.
- LPS (Laboratoire de Police Scientifique) : répartis dans les villes suivantes : Paris, Lille, Lyon, Toulouse et Marseille. Ils permettent d'exploiter la plupart des traces et indices prélevés sur les scènes d'infractions (section biologie, armes et munitions, toxicologie, documents, etc.)
Comment se déroule une intervention sur scène d'infraction ? Les 4 phases clés de l'identité judiciaire
Sur chaque scène d'infraction, les techniciens de l'identité judiciaire suivent un protocole strict en quatre phases successives. Ce processus garantit l'intégrité des preuves collectées et leur exploitabilité devant les tribunaux — une connaissance incontournable pour réussir le concours TPTS.
Phase 1 — La prise en compte de la scène de crime
Avant toute investigation, un périmètre de sécurité est installé afin d'interdire l'accès à toute personne non autorisée. Les intervenants habilités doivent obligatoirement s'équiper :
- d'une combinaison à usage unique ;
- de sur-chaussures, gants et masque chirurgical ;
- d'une charlotte ou capuche.
Cette protection individuelle est indispensable pour éviter toute contamination de la scène et donc toute invalidation des preuves collectées.
Phase 2 — La recherche et la matérialisation des traces et indices
La totalité de la scène est systématiquement balayée : sol, plafond, murs, mobiliers, et extérieur du lieu. Deux outils sont au cœur de cette phase :
- La lampe torche, utilisée en éclairage direct ou en rasance pour révéler les éléments discrets au ras du sol (fibres, poils, éclats de peinture).
- La lampe polychromatique ou le crimescope, qui décompose la lumière en plusieurs longueurs d'ondes pour contraster des substances sur un support.
Chaque trace ou indice découvert est matérialisé par un plot numéroté appelé cavalier, permettant de localiser précisément chaque élément sur la scène.
Phase 3 — La fixation des lieux
Cette phase permet de figer l'état de la scène avant tout prélèvement, grâce à deux outils complémentaires : la photographie et le plan coté.
Les clichés se déclinent en quatre niveaux :
- Photographies générales, pour restituer l'environnement global et s'imprégner de la scène.
- Photographies rapprochées, pour relier chaque trace à un point fixe de l'environnement.
- Photographies de détail, pour documenter chaque objet ou trace sous tous les angles avant sa mise sous scellé.
- Photographies spécifiques, lors d'autopsies, de reconstitutions judiciaires, etc.
Les prises de cotes permettent quant à elles d'établir un plan précis de la scène, avec la localisation exacte des traces, des indices et du corps.
Phase 4 — Le prélèvement des traces et la révélation des traces latentes
Une fois photographiés, les indices sont prélevés avec du matériel stérile et à usage unique, puis transmis aux laboratoires de police scientifique compétents (LPS).
Vient ensuite la révélation des traces invisibles à l'œil nu, grâce à des techniques spécifiques :
- Les traces papillaires révélées à l'aide de poudre dactyloscopique.
- Les traces de sang latentes effacées par l'auteur ou l'environnement (pluie, ancienneté), révélées grâce au Bluestar, une solution chimique luminescente.
- Les traces de sperme latentes révélées grâce au STK SpermTracker.
Tout au long de l'intervention, le fonctionnaire de Police technique et scientifique renseigne l'application CRIM'IN sur tablette numérique. Cet outil assure la traçabilité complète de chaque élément matériel récolté sur la scène — un maillon essentiel de la chaîne de preuve.
À retenir pour le concours TPTS
La maîtrise du protocole d'intervention en quatre phases est régulièrement évaluée aux épreuves du concours. Retenez l'enchaînement logique : sécurisation → recherche → fixation → prélèvement. Chaque phase conditionne la suivante, et toute erreur de procédure peut compromettre l'ensemble de la procédure judiciaire.
En quoi consiste la signalisation d'un mis en cause ?
La signalisation enregistre les données biométriques d'une personne mise en cause :
- Empreintes digitales et palmaires → alimentation du FAED
- Photographies anthropométriques (face et profil)
- Prélèvement ADN par frottis buccal → alimentation du FNAEG
Ces données permettent d'identifier la personne si elle est de nouveau impliquée dans une affaire. Le technicien PTS est directement responsable de la qualité de ces prélèvements, une compétence fondamentale dès le premier jour de prise de poste.
Identité judiciaire au concours TPTS : ce qu'il faut retenir
L'identité judiciaire est la porte d'entrée de la majorité des carrières en police scientifique. Le TPTS y est souvent affecté en début de carrière. Voici les points essentiels pour le concours de Technicien de Police Technique et Scientifique :
- Organisation des services, des laboratoires, des services de police, de la préfecture de police de Paris
- Protocole de fixation de scène
- Techniques de révélation et prélèvement des traces papillaires et biologiques
- Procédures de signalisation et alimentation des fichiers (FAED, FNAEG)
C'est sur ces bases que repose l'ensemble de l'édifice criminalistique. Notre préparation Forenseek, conçue par un ingénieur de police scientifique, couvre chaque protocole en détail, des fondamentaux aux mises en situation.


